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Octobre

1er octobre 2026

​​​Nous sommes passés de l'enfer, avec le spectacle d'ouverture des Jeux Olympiques à Paris, au Paradis, avec la veillée du Pape en compagnie de la jeunesse au Stade de France. Il est probable que nous allions devoir retourner pour quelques temps au Purgatoire ... 
La venue de Léon XIV  a bouleversé bien des coeurs. Quelle ferveur et quel enthousiasme !

La Lorraine a eu droit elle aussi à un bel éclairage médiatique. Ces quelques jours de liesse m'ont permis de passer mon temps d'une manière bien réconfortante.
Je ne viendrai pas raconter mon emploi du temps, la conversation pourrait virer à un entretien médical sans intérêt.

Un ligament m'a lâchée au niveau de l'épaule. Du coup, plus de vélo, du moins jusqu'à, peut-être, la réparation. Mon médecin, que je rencontre rarement, me conseille de profiter de l'occasion pour approfondir la révision ... Je ne suis pas contre sauf que l'agenda des rares spécialistes est saturé ... La révision risque de durer un certain temps.
Aussi, je devrais rester plus discrète en octobre. 

Les photos sont tirées des archives. 

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3 octobre 2026

​​​Nous avons eu la chance de vivre dans une bulle quelques jours.

Le retour à la vie réelle est d'autant plus difficile. 

J'écoute "Douce France" de Trenet, des paroles écrites en 1943 ...

Nous sommes loin de tout, nous ne disposons d'aucun service sur place. En même temps, nous profitons de cet isolement en vivant encore à peu près sereinement.
Mes petits-enfants poursuivent leurs études sans crainte à Tokyo de même que le petit Théo à Singapour. Plus près de nous, il n'y a aucun débordement au Luxembourg.

Pourquoi ce chaos chez nous ?
Les photos sont de Dominique Linel prises il y a quelques années au Luxembourg.
J'hésite aujourd'hui à prendre la voiture pour retrouver ces endroits magnifiques afin de garder le plein d'essence pour les sorties obligatoires. 

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5 octobre 2026

​​​Isabelle fait partie des "Amies de l'An 12". Nous nous voyons deux fois par an depuis une dizaine d'années. Elle arrive de Pau, parfois avec le train, le plus souvent en voiture, les moyens de locomotion étant devenus inexistants. Isabelle se rend chaque jour à Longuyon pour se replonger dans le jardin d'une maison de famille. Si la demeure n'est plus vraiment habitable, Isabelle garde des liens inaliénables avec ses aïeux qui ont vécu dans cette maison. 

Nos discussions sont très animées mais elles restent toujours amicales.

Elle quitte la Lorraine en faisant une pause dans la famille à Colmar.

Marche Adeps ce dimanche à proximité de chez nous. Danièle s'est chargée du transport par souci de mon handicap mécanique. Tout s'arrange même si je n'ose pas encore mouliner avec le bras droit. 

Nous avons choisi le 8,6 km qui comptait, selon l'organisateur, pour 10 km avec la forte montée vers Montquintin.

Point culminant de la région, Montquintin offre plusieurs points de vue.

Les ruines du château féodal dégagent une atmosphère mystérieuse. A l'opposé, l'usine Burgo pourrait gâcher le paysage. En contrepartie de l'odeur désagréable qu'elle nous fait parfois respirer, elle est l'un des principaux acteurs de l'économie de toute la région avec plus de 700 emplois.
Elle participe aussi financièrement aux grands projets locaux que l'on peut constater avec les écoles, les aires de jeu ou le centre sportif et culturel, d'où partait cette randonnée. Toutes les marches Adeps se clôturent autour d'une bonne bière et d'un en-cas voire d'un plat plus consistant.
L'ambiance reste bon-enfant. On devrait pouvoir les imiter sauf que notre législation nous colle plein de normes compliquées qui rend l'organisation laborieuse. Un exemple ; nous avons traversé à trois reprises une route assez fréquentée sans personne pour freiner les automobilistes. Impossible côté français. Sommes-nous assez fou pour nous faire écraser ou est-ce la faute des automobilistes français ?

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8 octobre 2026

​​​Nous sommes installés à la croisée des chemins, à une dizaine de kilomètres seulement de Longuyon, Montmédy et Virton. Cette position idéale nous permet de naviguer à notre guise entre notre département de Meurthe-et-Moselle, la Meuse voisine et la Gaume, cette chaleureuse enclave wallonne.

Pourtant, ma destination de cœur reste Montmédy. J'y trouve ce dont j'ai besoin, mais c'est avant tout son ambiance décontractée et sa beauté singulière qui me séduisent.

Comme tant d'autres communes, la ville a connu ses heures de gloire. Le départ de sa base militaire, remplacée par une prison au retour économique bien plus modeste pour les locaux, a marqué un tournant. Montmédy n’a pas non plus échappé à la désertification commerciale, que l'on devine encore aujourd'hui derrière les vitrines closes des maisons d'habitation.

Pour autant, la cité conserve un patrimoine majestueux et une histoire profonde. Sa place forte, que tout le monde appelle ici la Citadelle, domine fièrement l'horizon. C’est entre ses murs que notre destin est devenu français, lorsque Louis XIV s’en empara après la blessure mortelle de Jean d’Allamont, alors prévôt d'Espagne. Par la suite, Vauban remodela cette fortification initialement érigée par Charles Quint, avant que Séré de Rivières n'y laisse, lui aussi, son empreinte.

Si vous avez la chance de croiser Gérard Cady au détour d'une ruelle de la ville haute, laissez-vous guider : ce passionné aime sa citadelle comme personne ! Malheureusement, les budgets ne sont pas à la hauteur de ce trésor patrimonial. Si le travail impressionnant des cordistes du Haut-Jura empêche les pierres de s'effondrer, il en faudrait bien plus pour redonner à ce lieu unique toutes ses lettres de noblesse.

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10 octobre 2026

​​​​Une belle balade est à faire en toute saison et je dirais même par tous les temps, la pelouse calcaire d'Urbule offre un joli point de vue et les chemins restent praticables, même sous la pluie.

C'était un peu le cas hier après-midi. J'ai grimpé la route d'Urbule (c'est plus facile avec le vélo).

Des panneaux indiquent le point de départ. Plusieurs parcours sont possibles et ils se terminent tous au même endroit. Je n'ai pas eu le courage de monter jusqu'à la croix située au sommet, mais j'ai poursuivi la balade. Juste après le cimetière militaire, je traverse aussitôt la route pour prendre le chemin Jackson que je quitte immédiatement pour longer l'arrière des maisons situées dans la rue de Buré d'Orval et me retrouve sur la rue de la Fonderie. La pluie est presque inexistante, je poursuis vers Villette en traversant le plus vilain quartier du village avec les ruines de l'ancienne usine.
Je bifurque sur le chemin du Dorlon  qui est normalement privé. Popof, le gérant de l'étang de la Fontaine laisse circuler les piétons et cyclistes qui savent rester discrets. Le Dorlon suit son cours pour aller retrouver sa grande soeur, la Chiers, quelques centaines de mètres plus loin.
Voici un autre étang à ma droite bien entretenu, l'étang Felten.
Voilà la Chiers, elle va fournir notre éclairage en passant par la centrale hydroélectrique
Je n'ai croisé aucun être vivant, juste entendu des aboiements de chiens bien gardés et bons gardiens.

Un parcours idéal pour s'aérer l'esprit, même sous un ciel menaçant, en mêlant nature, mémoire et histoire industrielle.

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14 octobre 2026

​​​Je rassure Jeanne-Marie, mon bras fonctionne bien et les tendons résistent. Je dois dorénavant être plus sage car ils sont bien effilochés, selon le spécialiste.

J'ai donc repris le volant, bien aidée par ma titine automatique. Contexte actuel oblige, on optimise les trajets : Georgette a embarqué avec moi direction Montmédy pour ravitailler le frigo et les placards. Je crois bien n'avoir jamais passé autant de temps à déambuler dans les allées du Super U ! Et bien sûr, au retour, j'ai repris mes bonnes vieilles habitudes en prenant le chemin des écoliers. Bien m'en a pris, nous nous sommes posées à Othe.
Ce village est à l'origine de mes épousailles et de toute ma vie partagée avec mon homme.
Le parcours de la famille Jakircevic résume à lui seul toute une époque : l'exil courageux depuis la Yougoslavie, le travail acharné dans la sidérurgie à Longwy, et cette vie quotidienne à Othe. 

La fratrie s'est installée dans ce minuscule village dans les années 70. Mon beau-père prenait la moto ou un bus qui amenait les ouvriers à Longwy. Tom et Miro, les deux plus grands, prenaient le vélo pour se rendre à l'Institut des Arts et Métiers de Pierrard à Virton. Impossible à imaginer aujourd'hui ! ​

Yvan, Marie-Madeleine et Catherine ont vécu des situations déjà plus faciles.

Miro a trouvé très facilement un job d'été dans la société de construction des remorques Kaiser et il y est finalement resté jusqu'à la retraite et la fermeture de l'usine.

Quand à nous, le coup de foudre nous a unis sur une petite route de campagne, Miro sur sa rutilante Kreidler et moi sur ma petite Peugeot 102 !
Mais je dévie de la vocation de cette page en versant dans le roman à l'eau de rose.
Promis, demain ou après-demain, je fais l'éloge de ce joli petit village. 

Chambres d'Hôtes de l'An 12
1 Grand Rue, Charency-Vezin, France
+33 3 82 26 66 26    -     contact@chambreshote.com

Fronton de la porte d'entrée affichant l'An 12 de la République Française date de construction de la maison en 1804
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