AVRIL 2026
2 avril 2026
​Premier matin sans givre sur les toits ! Je commençais à désespérer.
Je reprends avec plaisir les petits travaux de jardinage. Le jardin prend de la couleur avec le mahonia bien fleuri, les deux fruitiers tout blancs et les tulipes qui commencent à percer un peu partout. Les températures restent cependant trop fraîches pour fêter Hanami sur la pelouse.
Comme tous les Japonais, Thierry est allé pique-niquer avec la famille sous une voûte composée de 2000 cerisiers dans un parc situé à l'ouest de Tokyo.
La dernière photo mystérieuse prise dernièrement se situe à l'ermitage saint Walfroy de Margut.
Pour fêter dignement mes septante et un an , les copines m'ont invitée au restaurant des Romarins à Margut.
Nous nous sommes régalées et nous avons facilité la digestion en allant musarder dans les rues du village.
Une visite pour le moins originale : un patrimoine de grande valeur et des habitations en triste état.
Margut a connu un riche passé industriel avec plusieurs usines et une laiterie industrielle. Tout ce creuset d'emplois a disparu. Les habitants sont au chômage ou vont travailler au Luxembourg. Deux mondes qui se situent aux deux extrêmes de l'échelle sociale. Deux mondes qui ne se côtoient pas. Il reste encore une boulangerie pâtisserie, le restaurant situé sur la route nationale et la présence d'un hirudothérapeute.
L'école communale va perdre une classe comme dans de nombreuses communes.
Sur le chemin du retour, nous avons fait une pause à Villy-la-Ferté qui pourrait remplir cette page de même que la pause impérieuse à l'ermitage de saint Walfroy.
P.S : Je me suis trompée, c'était encore gelé ce matin !
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3 avril 2026
​Pas de changement de texte sauf que ce matin, c'est bien vrai, les toits ne sont pas givrés.
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4 avril 2026
​Dodie, Marie-Odile pour ceux qui ne la connaissent pas, demeure près de Raon l'Etape. Aucun doute, elle est bien Vosgienne, naturelle et bonne marcheuse, elle se nourrit surtout de patrimoine et de botanique. Armand, son fils, vit et travaille à Valenciennes. Son dada est la géographie.
Ils s'offrent ainsi plusieurs petites virées dans l'année. Ils ont cette fois porté leur choix sur la Lorraine gaumaise.
Ils se sont posés à saint Mihiel pourvue d'une belle architecture. Ils ont grimpé sur la butte de Montsec et traversé le beau village d'Hattonchâtel. Ils ont dormi dans les environs dans une maison dont ils ne garderont pas forcément un bon souvenir. Puis ils ont passé la journée suivante sur les champs de bataille de Verdun.
Arrivés en fin d'après-midi à l'An 12, leur première impression s'est révélée positive, pourvu que ça dure ...
Ils avaient réservé une table au restaurant du Lagon à Montmédy.
Le jour suivant, le programme comprenait la visite de la citadelle de Montmédy, la visite d'Avioth et la très bonne table de La Grange puis la visite de l'abbaye d'Orval. Ils ont poursuivi jusque Florenville, histoire de déguster quelques chocolats chez Edouard.
Ce matin, ils partaient visiter Marville et son cimetière saint Hilaire, ils se posaient de nouveau à Verdun mais cette fois en ville et regagnaient les Vosges. Armand retrouvera son petit nid du Nord dans quelques jours.
Pas de photo à l'appui, Dodie n'aime pas les photos, elle dit ne pas être assez jolie. Pour ma part, j'ai trouvé que Dodie avait beaucoup de charme et qu'elle était surtout dynamique et sympathique, ce sont là deux qualités bien plus plaisantes !
Se sont-ils plu à l'An 12 ? Je l'espère.
Nous nous sommes embrassées au moment du départ comme des copines de longue date !
6 avril 2026
​Thierry pourrait reprendre dans un futur non immédiat l'activité des chambres d'hôtes.
Vincent pourrait l'accompagner en proposant la table d'hôtes.
Qu'en sera-t' il de notre pays dans 10 ans ?
Les taxes augmentent de façon proportionnelle à la rémunération des plus gros salaires perçus par nos élites.
Quand nous avons démarré notre "collaboration Vivi-Miro" il y a 50 ans, on pouvait faire confiance à notre banquier et à notre assureur. Il suffisait de travailler pour pouvoir gagner sa vie. Et le travail ne manquait pas chez les Jakircevic !
Thierry décortique actuellement les budgets et entre les chiffres sur Excel.
Pas de doute, nous sommes juste des vaches à lait pour l'état !
Pas étonnant que la situation est loin d'être florissante !
Mais c'est loin d'être ce qui m'ennuie le plus.
L'activité de l'An 12 est avant tout une passion.
Je suis surtout irritée quand je constate les sommes démesurées que reçoivent la caste politique et journalistique. Ils ne peuvent pas s'offusquer du prix du carburant, ils ne se déplacent qu'avec chauffeur ou taxi.
De plus, leur intellect est guère plus élevé que le mien ... Ras la tasse !!
Ne vous inquiétez pas, il m'arrive de fonctionner en autocuiseur et, dans ce cas, j'utilise la soupape de sécurité.
Je vais sortir le vélo et la vie sera à nouveau polychrome !
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7 avril 2026
​Je n'avais plus vu une si belle animation au village depuis longtemps.
Près de 390 athlètes se trouvaient sur la ligne de départ ce dimanche matin pour parcourir 10 ou 20 km.
Les 450 marcheurs, dont 40 enfants, ont suivi dans la foulée.
Le trail des Forges de Buré d'Orval dispose d'un parcours plutôt exceptionnel.
Nous avons découvert avec bonheur un nouvel itinéraire, certains chemins étant trop remplis d'eau.
Du coup nous avons grimpé dès le départ une côte dont le dénivelé était de 200m.
Au retour, J'ai pris le vélo pour découvrir le parcours du 20 km.​​
J'aurais dû me méfier puisque celui-ci promettait un dénivelé de 400m.
A un moment, j'ai cru que j'allais rester là jusqu'au passage des ramasseurs du balisage !
J'ai poussé le vélo sur une pente pratiquement verticale parsemée de pierres qui me freinaient à chaque instant.
Quel soulagement en arrivant à la lisière du bois !
Je ferai la deuxième partie du parcours un autre jour, je suis revenue gentiment par la nécropole de Villette.
Le mois prochain un autre évènement, d'ordre culturel cette fois, aura lieu à Vezin.
J'y reviendrai les jours prochains.
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8 avril 2026
​Les photos présentent une partie du parcours de 20 km dans la forêt de Buré d'Orval.
Je ne m'y suis pas risquée à vélo, je me suis garée près de l'aérodrome de Villette.
C'est peut-être le plus beau moment de l'année pour se balader en forêt.
La végétation n'est pas encore très dense et laisse passer les rayons de soleil. Une odeur d'ail des ours nous accompagne durant la balade et le tapis d'anémones est ravissant.
Autre avantage : les moustiques sont absents sur les nombreuses poches d'eau, ce ne sera pas le cas en plein été.
J'ai enfin trouvé la jonction entre le chemin de Villancy et celui des forges de Buré d'Orval.
Celle-là n'est pas non plus piquée des vers, les trailers ont dû s'amuser !
Accompagnée de Danièle avec ses hanches robotisées, il était plus prudent de faire demi-tour ...
Je comprends que le trail des Forges de Buré d'Orval rencontre un si beau succès.
Bravo aux bénévoles forestiers pour avoir dégagé toutes les branches, voire les arbres, qui obstruaient le passage.
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9 avril 2026
​Je pourrais me défouler dans le potager, je trouve les nuits encore trop froides pour jardiner.
Aussi, je profite du vélo l'après-midi tout en essayant de retrouver le tracé complet du fameux trail.
J'ai emprunté la route pour me rendre à l'ossuaire de Villette.
Mauvaise idée, des canettes aluminium jonchent le bas-côté à chaque coup de pédale.
Nous avons fait plusieurs randonnées avec Thierry dans la campagne japonaise, je n'ai jamais rien trouvé sur le bord des routes. Il y a pourtant des distributeurs de boissons partout.
Deuxième souci, les voitures me doublent à vive allure.
Ce sera difficile pour Théo, mon petit-fils, de faire du vélo ici. Il peut traverser tout Singapour en restant toujours sur des pistes réservées aux piétons et cyclistes. Même constat, aucun détritus sur les bas-côté.
Ouf, me voilà au milieu des champs ! La magie opère aussitôt.
Pas une seule âme, même pas un tracteur. Des champs et des près à perte de vue.
Et des tas de chemins qui partent de tout côté, je n'ai pas pris le bon ...
Qu'importe, la balade reste envoûtante et le terrain est plat.
Je n'ai plus qu'à me laisser glisser jusqu'à Charency et de prendre encore un chemin "interdit" pour me retrouver à Vezin.
Allez, je vais quand même gratter un peu dans le jardin.
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11 avril 2026
​J'ai troqué le vélo contre la bêche, par nécessité.
La terre se retourne facilement. Autour de moi, tout le monde s'active et troisième raison qui m'oblige à rester dans le potager, le jardin doit être prêt si je compte déguster des légumes de qualité cet été.
Je laisse la bêche sur le terrain dans le cas où un volontaire se ferait une joie de pratiquer cette activité sportive et bienfaisante ...
Chaque année, j'entends la voix de mon père : "C'est pas possible de bêcher aussi mal pour une fille de paysan"
Papa, je crois que je fais des progrès, le jardin ne ressemble plus aux vagues en période d'équinoxe. Peut-être encore un peu à une soue d'un tout petit marcassin ...
Je ne me retourne surtout pas au risque d'être désespérée. J'ai l'impression de faire du sur place. Je suis passée du thym au persil le premier jour.
Le deuxième jour, j'ai oeuvré entre deux plantes parfumées en allant de la menthe à la lavande.
J'ai l'impression que je n'atteindrai jamais la camomille avant sa floraison. Avant d'y arriver, je dois encore passer près de la sauge, de l'origan et de l'estragon.
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12 avril 2026
​Il fut un temps où la municipalité affirmait que nos villages n'avaient pas besoin de culture.
Je ne parle pas de celle de la terre mais de celle de la musique, des spectacles ou celle de la lecture, bien précieuse elle aussi. Il fut un temps où Bernard, dont je vous parle souvent, a eu l'audace de créer une bibliothèque installée dans un bâtiment communal. Celle-ci a connu un vif succès et a fonctionné une dizaine d'années.
Stéphanie, déjà atteinte du virus littéraire, avait repris quelques temps la situation en main puis le trésor de livres s'est mis à péricliter jusqu'à disparaître.
Cette bibliothèque fut peut-être la piste d'envol de Stéphanie. Elle a confié ses sentiments sur des pages blanches et cela lui a réussi. Son écriture plait à un public qui a parfois besoin de se reconstruire.
Vous ne connaissez pas Stephanie si vous pensez qu'elle allait s'arrêter là !
En 2022, elle crée sa propre maison d'éditions : Plumes de coeur.
En 2025, Stephanie organise un rallye littéraire dans les rues de Charency. Une belle initiative.
En 2026, elle aménage un local particulièrement chaleureux au sein de sa maison avec, en plus, la participation d'artisans du village.
Ainsi, le dimanche 3 mai, Charency-Vezin vivra sa première fête du livre et du papier.
De nombreux stands en rapport avec le livre seront installés dans toute la rue Bon-Pont.
Des auteurs seront présents, une petite restauration se tiendra tout au long de la journée.
Une manifestation d'envergure pour notre village qui manque un peu de communication.
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